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Hitomi Kuroki
Hitomi Kuroki est née à Fukuoka. En 1981, elle entre dans la très célèbre troupe de théâtre Takarazuka (il s'agit d'une compagnie composée uniquement de femmes qui interprètent toutes les pièces du répertoire classique en jouant aussi les rôles masculins) qui a eu un impact décisif sur un grand pan de la culture féminine du Japon contemporain. En 1985 elle se retire pour débuter une carrière d'actrice dans Incarnation. Elle enchaîne alors les apparitions à la télévision et surtout les films dont les plus notables sont : Labyrinth Romanesque, Soul Music Lovers Only, Doten, Kura, et Sada. Puis, en 1998, Hitomi Kuroki remporte le césar de la meilleure actrice japonaise pour son rôle très sensuel dans Paradis Perdu (Lost Paradise) de Morita Yoshimitsu. Enfin, elle tourne The Frame avant d'accepter la proposition d'Hideo Nakata d'incarner Yoshimi Matsubara dans Dark Water. Artiste aux multiples facettes, Hitomi Kuroki est également connue pour avoir écrit plusieurs recueils contenant poèmes et essais, dont certains sont célèbres au Japon.
Interview d'Hitomi Kuroki
Jouer dans un film d'horreur nécessite-t-il une préparation spéciale ?
Il est vrai que c'était la première fois que je jouais dans un tel film. Honnêtement, ce qui m'a séduit dans le
projet, c'est qu'il s'agissait d'une réalisation du tandem “Suzuki-Nakata”. Je n'ai donc pas réfléchi à une
attitude ou à une préparation particulière. J'ai surtout voulu lire le scénario. Là, je suis tombée sur une scène
qui m'a beaucoup impressionnée, celle de la mère et de sa fille, vers la fin, mais je ne peux pas en dire plus
sans dévoiler l'intrigue. J'étais tellement bouleversée que je me suis dit qu'il fallait absolument que je joue
dans ce film.
Le scénario filmé a-t-il été beaucoup modifié par rapport à l'original ?
Oui. Et le scénario définitif est encore plus élaboré et plus passionnant. Mais l'esprit des deux jets reste
identique.
Avez-vous eu peur en lisant le script ?
Certaines scènes m'ont d'emblée angoissée. J'ai su qu'elles auraient un grand impact à l'écran. Mais ce qui
m'a plu c'est que Dark Water est un film d'épouvante différent. Les relations entre la mère et la fille sont très
bien décrites. Le contexte du film, montrant une femme tentant de résister à la dictature patriarcale, est
passionnant. Dark Water est un drame individuel et social autant qu'un film d'horreur.
Est-ce différent de jouer dans un film d'horreur par rapport à un long-métrage plus classique ?
Oui, je crois. Il faut être plus à fleur de peau dans un film d'horreur. Les sentiments doivent être plus
exprimés. Parfois il faut presque surjouer. Les premiers jours du tournage j'étais dans un registre classique.
Hideo Nakata m'a alors dirigée pour que je puisse mieux développer mes émotions. D'autre part, les
mouvements de caméra, les angles de prises de vues et la musique sont des éléments essentiels dans un film
d'épouvante. Des plans qui ne sont dans d'autres longs-métrages que des plans “d'insert” peuvent ici être
prépondérants à cause d'un détail. Il faut également faire attention à sa respiration, caractéristique de la
personne effrayée. Il y a beaucoup de nuances à maîtriser quand on joue dans un film d'horreur.
Comment s'est déroulé le tournage ?
J'avais déjà travaillé avec Hideo Nakata, à l'époque où il était assistant–réalisateur. Je le connaissais donc
suffisamment pour que nos relations soient amicales. Hideo Nakata possède un talent inhabituel. Il ne regarde
pas les scènes à travers le moniteur, mais se place à côté de la caméra pour donner ses indications. Cette attitude
est de plus en plus rare. C'est assez impressionnant pour les comédiens, plus habitués à ce que le
réalisateur se tienne loin. Hideo Nakata fait très attention aux subtilités dans le jeu des acteurs. C'est rassurant
qu'il soit très proche de nous, car on sait que les nuances et les efforts que l'on produit sont remarqués
et ne restent pas vain. C'est pour cela que Nakata parvient à tirer le meilleur de ses acteurs.
Il paraît que sur le plateau l'atmosphère était à couper au couteau ?
C'est toujours le cas en studio. Comme on est dans les meilleures conditions de travail, le metteur en scène
est exigeant. Cependant, sur Dark Water l'ambiance était plutôt décontractée.Mais la concentration des techniciens
et des comédiens était optimale. Je pense que le film en a bénéficié.
Sur quels points avez-vous été la plus attentive ?
Tous. En fait, j'étais très attachée à la résistance de Yoshimi, qui refuse de céder à la puissance de la société
patriarcale. Le combat de cette mère pour éduquer sa fille et la conserver auprès d'elle m'a profondément
émue. Une réplique en particulier m'a faite pleurer. Quand tout va mal,Yoshimi dit à sa fille : “Pour moi, ca
va, puisque nous sommes ensemble”. Dans cette histoire, le plus effrayant, c'est que tout ce qui arrive à cette
mère peut véritablement se produire dans la réalité. La peur envahit son quotidien.
Il était aussi fondamental que les petits gestes affectueux que Yoshimi échange avec sa fille soient crédibles.
J'ai donc beaucoup discuté avec Rio Kanno pour qu'une vraie complicité s'installe entre nous, que nous
soyons amies. Après le tournage, j'ai été triste de notre séparation. Je ne peux plus l'appeler “Iku–chan”.
Que retiendrez-vous de cette expérience ?
Que j'aime énormément les films d'Hideo Nakata (rires). J'avais vu Ring. Je savais donc que les films
d'épouvante pouvaient aussi servir de trame pour des intrigues complexes. Mais je pense sincèrement que
Dark Water est plus fort, plus riche, plus vrai que Ring. Avant, je n'affectionnais pas le genre “films
d'horreur”. Maintenant que je sais qu'ils peuvent aussi permettre de raconter de belles histoires d'amour, j'ai
envie de parfaire ma culture dans ce domaine.
Asami Mizukawa
Asami Mizukawa est née à Osaka le 24 juillet 1983. Après une courte carrière d'idole, consécutive à sa nomination de Miss Tokyo Walker, elle a joué dans quelques publicités, pour du chocolat (denrée de luxe au Japon) et des comprimés de vitamines B. Ensuite, elle a rapidement décroché des rôles dans des téléfilms tels que Adieu Monsieur Ozu et Long Love Letter. Elle travailla pour la première fois au cinéma dans un film japonais nommé Go. Jouer dans Dark Water a représenté pour l'actrice une sorte de consécration dans sa jeune carrière.
Interview d'Asami Mizukawa
Qu'avez-vous pensé du scénario la première fois que vous l'avez lu ?
Il faisait déjà très peur ! Je me suis même interrompue. J'ai dû recommencer ma lecture en plein jour (rires).
C'était un rôle de pure composition.
Exactement. Ikuko est un personnage très sérieux, calme. Je suis beaucoup plus extravertie dans la vie.
Des scènes vous ont-elles angoissée, ou ont-elles été particulièrement difficiles ?
Je n'étais pas rassurée sur le plateau, notamment pour tourner la scène avec Mitsuko dans mon dos. Son
apparence était tellement effrayante. Sinon, les scènes où je devais pleurer furent compliquées. Le réalisateur
me corrigeait tout le temps pour que je m'investisse plus, que je mette plus de sentiment. La direction de
monsieur Nakata était très sévère, mais aussi très enrichissante. Il savait exactement ce qu'il
attendait des acteurs. Il me gardait tout le temps sous tension, au point que l'on pouvait percevoir les battements
de mon cœur dans les micros sans fil.
Vous aimez les films d'horreur ?
J'aime en regarder, mais jamais seule, toujours avec des amis (rires). J'ai vu la série Ring quand j'étais au
collège. C'était très à la mode. J'espère que Dark Water aura le même destin.
Cela a dû être compliqué de concilier vos études et votre métier ?
Oui, mais c'était amusant. Je ne me suis pas beaucoup préoccupée des examens (rires). Je n'éprouve aucune
difficulté pour mémoriser des répliques. Le cinéma c'est très sérieux. Mais j'aime bien continuer à considérer
que c'est un jeu. J'essaie de m'immerger dans le personnage sans pression. Et puis, en quinze minutes, avant
de tourner, je peux sans problème, en me concentrant, retenir dix pages de dialogues.
Quels sont vos objectifs en tant qu'actrice ?
J'aimerais continuer à jouer dans de bons films. Je souhaite aussi faire du théâtre.